Noyers, grenadiers et cépages hybrides

Installé dans le Jura, Éric Thill a diversifié son exploitation viticole en plantant des noyers, des poivriers, des grenadiers et des yuzus. Il a également introduit des cépages hybrides au sein de son vignoble de cinq hectares.

Éric Thill

Éric Thill a diversifié son exploitation viticole en introduisant des arbres fruitiers.

Crédit photo Bernard Desmares

Ce sont les années « difficiles », notamment 2017 et 2021, qui ont convaincu Éric Thill de se diversifier avec l’arboriculture. Cultivant déjà cinq hectares de vigne en bio dans le Jura, il ne voulait pas de fruits frais, « car cela aurait nécessité de la main-d’œuvre au moment de la récolte et des moyens pour les conserver ».

En 2022, le viticulteur plante donc 50 noyers sur une cinquantaine d’ares, tout en sachant que la « première vraie récolte » n’interviendra qu’en 2026. « L’objectif est de faire sécher moi-même les noix, d’en transformer une partie en huile lorsque j’aurai acquis un moulin, et de vendre la production en circuits courts par le biais des magasins bio ou des primeurs, prévoit Éric Thill. Si ça marche, j’aimerais arriver à un hectare de noyers. »

Le vignoble occupe environ cinq hectares sur une SAU totale de 10 ha.
Le vignoble occupe environ cinq hectares sur une SAU totale de 10 ha.
Crédit photo : Bernard Desmares
Changement climatique

Aimant expérimenter, le viticulteur a également planté des yuzus, des grenadiers et des poivriers du Sichuan. C’est en prévision du changement climatique qu’Éric Thill a choisi ces arbres, les yuzus et les grenadiers étant habitués à un climat méditerranéen, et les poivriers capables de tolérer des températures négatives jusqu’à - 25 °C.

Prudent, le néoarboriculteur souligne qu’il ne pourra constater les premiers résultats que d’ici deux ans. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir ajouter des grenadiers et des pistachiers dès l’année prochaine.

Dans la vigne aussi, la diversification est en marche. Une vingtaine d’ares de cépages hybrides ont été plantés en 2022, et couvriront à terme un cinquième de l’exploitation. Seyval blanc et sauvignac pour les blancs, pinotin, léon millot et maréchal foch pour les rouges. Résistants au gel grâce à leurs contre-bourgeons fructifères, ces hybrides nécessitent peu de traitements et offrent des rendements conséquents. Autant d’atouts qui permettront à Éric Thill d’élargir son offre avec des vins plus abordables et faciles à boire.

Vins de France

« L’idée est d’intégrer ces cépages dans des assemblages pour des cuvées futures qui seront commercialisées en vins de France, explique le viticulteur. Sur les rouges, ils donnent des vins très colorés, assez linéaires au niveau aromatique et avec des tannins moins fins. Il faudra donc que je fasse des tests sur différents assemblages. » Mais là aussi, Éric Thill devra être patient : la première cuvée est prévue pour 2024.

Carte d’identité

 

  • Date d’installation : 2009
  • Localisation : Trenal (Jura)
  • Main-d’œuvre : Éric Thill
  • SAU : 10 hectares (cinq hectares de vigne, arbres fruitiers, prairie et bois)
  • Production : raisin, noix, grenades, grains de poivres, citrons yuzu
  • Transformation : vin
  • Commercialisation : 60 % à l’export, 40 % en France par la CHR et les cavistes

Cet agriculteur a été nommé « Talent Tech & Bio 2023 ». Ce Salon agricole international se tient les 20 et 21 septembre 2023, dans la Drôme. tech-n-bio.com