Arsenophonus phytopathogenicus : la pomme de terre est-elle menacée comme la betterave ?

Ce micro-organisme, répandu par la cicadelle, est redouté par les betteraviers, puisqu’il conduit au développement de la maladie du SBR (syndrome basses richesses).

Récemment, des chercheurs ont mis en évidence la présence de cette bactérie sur des cultures de pommes de terre en Allemagne. Le pays ayant connu une mauvaise récolte, les scientifiques s’interrogent sur un possible lien de cause à effet. En Suisse, l’Agroscope travaille sur la question. Faut-il s’inquiéter de cette découverte ? Comment la filière de la betterave appréhende-t-elle cette situation alors que le nombre d’exploitations touchées augmente chez nos voisins ?

 

La maladie du SBR est apparue dans le nord-est de la France en 1991. La Bourgogne et la Franche-Comté sont les premiers territoires touchés. La bactérie se diffuse ensuite en Europe, où sa présence est confirmée en 2005 en Hongrie et en Allemagne. On la suspecte aussi de sévir dans d’autres pays limitrophes. Après une période plus calme, on note, depuis 2017, une forte recrudescence du phénomène, en Suisse comme en Allemagne.

 

 

Une perte de qualité inéluctable pour la betterave

L’Agroscope, centre de recherche agronomique et agroalimentaire suisse, étudie de près cette maladie afin de trouver la parade, car pour l’heure, le SBR n’a pas réellement d’antidote. Lorsqu’une parcelle de betterave est affectée, il en résulte principalement un jaunissement prononcé des feuilles. Cela limite alors l’efficacité de la photosynthèse de la plante. Il en résulte une baisse de la teneur en sucre des pivots, ayant pour conséquence une betterave qui perd de ses propriétés.

De plus, les traitements insecticides et bactéricides se révèlent inefficaces contre la bactérie Arsenophonus.

 

La pomme de terre doit-elle craindre la propagation de cette bactérie?

Les chercheurs précisent qu’elle peut se développer dans d’autres plantes que la betterave, comme la pomme de terre donc, mais cela sans nécessairement causer de maladie spécifique.

 

Olivier Schumpp, responsable du groupe Virologie, Bactériologie & Phytoplasmologie à l’Agroscope explique qu’il n’y a pas de lien de cause à effet clairement établi, entre la présence d’arsenophonus dans la pomme de terre et un mauvais développement des tubercules.  « Des travaux sont en cours pour déterminer cela. Il y a une alerte à prendre au sérieux, mais il faut savoir que les exploitations de pommes de terre sur lesquelles a été constaté la présence de la bactérie ont subi des conditions climatiques très difficiles cette saison. En outre, elle a aussi été détecté sur des tubercules parfaitement sains, qui ont connu une croissance normale », déclare-t-il.

 

Chez nos voisins suisses, la présence de la bactérie dans la pomme de terre a été confirmé dans les cantons de Berne, de Vaud et de Fribourg. En Allemagne, les cas répertoriés sont situés principalement dans le sud du pays.

 

Pour Olivier Schumpp, il faut attendre la fin de cette première phase de travaux de recherches pour déterminer le risque réel encouru. « Certaines exploitations de pommes de terre, situées dans des zones où l’on retrouve systématiquement la maladie du SBR, ont connu d’importants dégâts cette saison. On reste donc très prudents car un lien de causalité n’est clairement pas à exclure », conclut-il.

 

La filière de la betterave sur le qui-vive

 

Depuis 2017, la Suisse, et notamment la partie ouest et centre du pays, est fortement affectée par la présence de la bactérie. Les professionnels de la betterave confrontés au problème du syndrome basse richesse sont plus nombreux qu’auparavant. La cicadelle investit peu à peu de nouveaux territoires, et, en France, la crainte de la résurgence de cette maladie inquiète l’Interprofession.

 Frank Sander, président de la Confédération générale des planteurs de betterave, confiait hier, lors de l’assemblée générale annuelle de la filière, surveiller la question de près.  « À l’heure actuelle, c’est un vrai sujet pour nous. Tout le monde s’y intéresse, notre institut technique, le syndicat, les sucriers, et on observe attentivement ce qui se passe chez nos voisins, car les frontières ne sont pas étanches et on ne dispose toujours pas de moyen de protection contre le SBR », déclarait-il.

 

L’Agroscope travaille aussi à cette question des moyens de lutte. Aujourd’hui, certains facteurs susceptibles d’altérer l’intensité des symptômes de SBR sont à l’étude, comme une possible efficacité du labour avant le semis du blé d’automne ou encore le remplacement de la culture de blé (suivant la betterave) par une autre culture, telle que l’orge de printemps.

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