Blé de printemps: un complément plutôt qu’une alternative

"Une variété de blé tendre d’hiver alternative, réputée pour sa précocité, offrira souvent une meilleure récolte qu’une orge ou un blé de printemps", selon Jean-Charles Deswarte, ingénieur R&D chez Arvalis. Crédit: Jan Kopřiva/Adobe Stock

Suite aux précipitations records subies par la moitié nord du territoire, les semis de blé ont été fortement perturbés. Les régions de la façade océanique ont accumulé un retard conséquent. Bien qu’il soit peu à peu comblé, la situation inquiète aujourd'hui certains cultivateurs. Doit-on terminer ces semis tardifs? Faut-il attendre et opter ensuite pour des variétés de printemps, en blé ou bien en orge? Nous avons échangé avec Jean-Charles Deswarte, ingénieur R&D chez Arvalis.

Jean-Charles Deswarte: Le blé de printemps est assez marginal. On parle de quelques dizaines de milliers d’hectares en France. Nous avons donc bien moins de références. Il est souvent implanté lorsque l’on n'a rien d’autre sous la main. C’est moins le cas pour l’orge. Comparée au blé d’hiver, la disponibilité n'est absolument pas la même en matière de semences, et on ne pourrait pas répondre à la demande si beaucoup de céréaliers souhaitaient utiliser ces variétés de printemps.

À partir de quel moment est-il souhaitable de basculer sur des semis de printemps ?

J.-C. D.: Début décembre, il est encore temps de semer du blé tendre d’hiver. Mais opter pour des variétés plus précoces sera plus judicieux. En revanche, si un agriculteur a déjà semé la majorité de sa surface dédiée, à mon sens, cela ne vaut pas le coup de changer de variété au dernier moment, pour 5 ou 10ha restants, par exemple. Chez Arvalis, nous avons aujourd'hui suffisamment de recul pour savoir, à cette période de l’année, ce qu’il faut encore semer, et ce qui n’est plus pertinent. En Bretagne et sur une majorité du quart Nord-Ouest, en décembre, il faut arrêter de semer du blé d’hiver. Cela peut encore être envisageable dans le Sud, mais il y a un risque selon la météo rencontrée pendant la période de germination. À partir de janvier, on va préférer les variétés de blé les plus précoces, et dès la mi-janvier, début février, on peut commencer à semer du blé de printemps.

Penser au rendement final

J.-C. D.: Globalement, dès que l’on sort des périodes de semis conventionnelles pour un type de variété donné, il y a un risque de perte de rendement. Mais il faut regarder la question dans son ensemble, car une variété de blé tendre d’hiver alternative, réputée pour sa précocité, offrira souvent une meilleure récolte qu’une orge ou un blé de printemps semés au moment adéquat.

Une densité de semis plus importante

J.-C. D.: Dans les cas où l’agriculteur fait le choix du blé de printemps, nous conseillons, chez Arvalis, de majorer la densité des semis. La plante va mettre entre trois semaines et un mois à lever et elle bénéficiera d’un temps de tallage moins long. Il y a ainsi un risque de perte de plantes et il est préférable de densifier autour de 30% supplémentaires pour compenser. Bien sûr, l’état du sol et la météo seront déterminants. En revanche, les variétés de printemps disposent d’autres avantages, parfois pas négligeables. Elles sont notamment bien moins exposées aux ravageurs et aux maladies, puisque leur cycle intervient à un moment où celui des insectes incriminés touche, lui, à sa fin.

Comme alternative, dans les régions adaptées, il peut être intéressant de penser au blé dur, qui est naturellement une espèce de printemps. Sinon, il faut plutôt envisager la culture du blé de printemps comme un complément, à coupler avec de l’orge éventuellement, car il ne sera pas un choix réellement viable en remplacement du blé d’hiver, pour les raisons évoquées.

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