Les stress hydriques induisent des cultures plus fragiles face aux bioagresseurs

Changement climatique, stress hydrique... les plus sont de plus en plus exposées aux bioagresseurs.

« Il est primordial de placer la plante dans les meilleures conditions, pour limiter l’impact du changement climatique sur l’exposition des cultures aux bioagresseurs. »

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« Plus une plante est stressée et mal en point, plus la probabilité est grande qu’elle soit plus fortement impactée par un bioagresseur, souligne Gwénola Riquet, responsable maladies au sein de Terres Inovia. Le changement climatique qui induit des printemps souvent plus secs, relativement plus chauds et des gelées tardives, participe à stresser les cultures sur une partie de leur cycle. »

La teneur en nutriments des plantes renseigne sur leur fragilité

L’impact des stress hydriques sur les cultures est très bien mis en lumière par Alain Kleiber, référent nutrition végétale au sein du laboratoire Auréa : « Nous avons suivi l’évolution des teneurs minérales des feuilles de grandes cultures depuis 1985 sur les analyses effectuées entre mars et mai, c’est-à-dire quasi-exclusivement sur céréales à paille.

La teneur en azote et en fer dans les végétaux baisse de manière tendancielle depuis 35 ans. Cette diminution n’est cependant pas significative. En revanche, elle l'est concernant le potassium, le manganèse et le bore. Pour le potassium, par exemple, la baisse est en moyenne de 3 à 4 % par an depuis 35 ans.

Or, les trois derniers éléments, ainsi que l’azote, entrent dans la plante de manière passive. C’est-à-dire qu’ils suivent l’eau pour être assimilés. 65 % à 85 % de leur présence dans le végétal s’explique par ce mécanisme. Ils sont donc de très bons indicateurs du flux hydrique dans la plante. »

Placer les plantes dans les meilleurs conditions dès leur implantation

Cette baisse tendancielle depuis 35 ans peut en grande partie être expliquée par l’évolution climatique, et en particulier les stress hydriques induits sur la période de prélèvement. Une moindre concentration de certains éléments minéraux peut entraîner des carences vraies ou induites, ainsi que des déséquilibres entre les éléments pouvant expliquer qu’une plante est moins robuste face à l'attaque d'un bioagresseur.

Pour Gwénola Riquet, « il est donc primordial, dans un premier temps, de placer la plante dans les meilleures conditions, pour limiter l’impact du changement climatique sur l’exposition des cultures aux bioagresseurs. Ce qui passe, entre autres, par une bonne maîtrise de l’implantation des cultures (dates de semis, état structurel du sol, etc.). »

Un travail d’autant plus essentiel que les transitions entre les épisodes météorologiques sont souvent plus tranchées qu’auparavant. Il fait souvent chaud et/ou sec très rapidement et très intensément. Les épisodes pluvieux peuvent également être très brutaux.