Fraise label Rouge : des inquiétudes malgré un beau début de saison

Chaque année, de nouveaux producteurs intègrent la filière Fraise label Rouge, passant de 7 en 2009 à quasi 100 en 2023. Photo : AIFLG – Fraise label Rouge
La Fraise label Rouge connaît un début de saison plutôt encourageant. En 2023, la filière, qui compte désormais près d’une centaine de producteurs, vise 600 tonnes commercialisées, toutes variétés confondues, contre 510 tonnes en 2022. Mais cet équilibre demeure fragile dans le contexte économique et social actuel.
Un beau début de saison : cette année, la récolte a été légèrement précoce avec des mois de janvier et février ensoleillés, ce qui a permis un taux de sucre très élevé. Selon l’AIFLG, l’association des fruits et légumes du Lot-et-Garonne :
La qualité attendue est au rendez-vous, de même que la main-d’œuvre qualifiée qui avait manqué ces trois dernières années de campagne.
Côté commercialisation, la Fraise label Rouge est vendue cette année entre 3,50 et 4,50€ la barquette de 250 grammes de Gariguette. Une légère hausse qui s’explique par une augmentation peu ressentie du gaz à ce jour par les producteurs : bien souvent en contrat sur plusieurs années, le renouvellement aura surtout lieu en 2024.

L’augmentation des coûts de production et le contexte social pèsent sur la production : sur les phyto, les intrants et les emballages, les producteurs constatent en moyenne une augmentation de 20 à 30% sur chaque poste. Côté main-d’œuvre, les deux augmentations successives du Smic pour faire face à l’inflation entraînent mécaniquement une augmentation des charges salariales pour l’employeur : de nombreux saisonniers sont en effet embauchés pour la récolte de fraises. Au total, ce poste a entraîné une hausse de 7 à 8% des charges en seulement un an.
Parallèlement, l’inflation de ces derniers mois influence le pouvoir d’achat des consommateurs et leur impose de faire des choix dans leur alimentation. Selon l’AIFLG :
Il y a donc un risque que la consommation de produits plaisirs passe au second plan au profit des économies à réaliser. Cette même inflation pousse la grande distribution à continuer de commercialiser la fraise d’Espagne, principale concurrente, en tant que premier prix (ce qui n’était pas le cas l’année dernière) afin de répondre au besoin et attentes des consommateurs.
Le grand défi de l’emballage : la loi anti-gaspillage, qui prévoit l’interdiction de l’emballage plastique de tous les fruits et légumes à l’horizon 2026, inquiète également la filière Fraise label Rouge. Cette dernière va devoir trouver des alternatives en prenant en compte les nombreuses contraintes liées au produit :
  • la protection des fraises (tenue des fruits et amortissements des chocs);
  • la bonne mise en valeur du produit qui prend une place importante dans le cahier des charges et dans la motivation d’achat du consommateur;
  • le transport et le stockage;
  • l’aspect financier;
  • la sécurité d’approvisionnement…
Si cette loi a été suspendue pour le moment, créant un soulagement pour la filière à court terme, elle pose de nombreuses inquiétudes pour les années à venir.