Fruits et légumes : le commerce en ligne progresse sans pleinement convaincre

Top view woman holding wooden box with fresh vegetables and phon

Les enquêtes montrent que les achats en ligne concernent principalement les produits usuels du client, le fait de voir, sentir et de pouvoir comparer en réalité freinant le choix de certains produits.

Crédit photo okrasiuk - stock.adobe.com
Le CTIFL publie les résultats d’une note de synthèse résumant l’évolution de la situation sur l’achat de fruits et légumes sur Internet. Si les lignes ont incontestablement bougé ces dix dernières années, avec quatre fois plus de Français adeptes de l’offre Web, des freins subsistent encore, empêchant une majorité de consommateurs de tenter l’aventure.

La crise de la Covid-19 et le développement accru du télétravail ont modifié les habitudes de consommation des Français : les achats alimentaires en ligne ont progressé.

Parmi les points relevés par le CTIFL à la suite de plusieurs enquêtes d’opinion, un tiers des sondés estime consacrer plus de temps à l’achat des fruits et légumes frais qu’auparavant. Les services en ligne et les drive de supermarchés profitent de la tendance.

En 2022, plus de 40 % des Français achetaient des fruits et légumes sur Internet. En 2013, ils n’étaient qu’autour de 10 %.

Mais derrière ces bons résultats, on perçoit de fortes disparités dans le choix des Français, avec des denrées qui peinent à convaincre pour un achat à l’aveugle.

Le contact avec le produit prime toujours

Maturité ou qualité insuffisante, défiance à l’égard du commerçant qui peut en profiter pour « livrer des produits défraîchis » : voilà un propos qui revient souvent dans les sondages.

L’impossibilité de choisir soi-même est la raison qui conduit 60 % des personnes interrogées à fuir les sites de vente de fruits et légumes ou les drive des grandes enseignes.

Pour une majorité de Français, acheter ces aliments nécessite toujours de regarder, toucher, comparer !

La raison prévaut sur la passion

En e-commerce, peu de place pour la séduction, et donc pour l’achat impulsif, bien connu des producteurs et distributeurs : quand le client passe devant un fruit qu’il n’achète pas souvent mais qu’il juge alors très appétissant...

Cette démarche « coup de cœur » ne fonctionne qu’en direct, répondant aux sens du consommateur. Là où la vue, le toucher et le parfum d’un fruit déclenchent l’achat compulsif, la page Web, de son côté, ne peut lutter.

Ainsi, les enquêtes montrent que les achats en ligne se cantonnent en majorité aux produits usuels du client.

L’e-consommateur a tendance à minimiser les risques en sélectionnant des fruits et légumes moins sensibles et plus faciles à conserver. À titre d’exemple, l’acheteur type opte régulièrement pour des pommes, des bananes, des carottes ou des tomates.

A contrario, pêches ou nectarines, avocats ou fraises ne représentent que 3 à 5 % des denrées commandées en ligne.

Des axes de progression pour lever certaines limites

Le développement du commerce en ligne dans le secteur des fruits et légumes amène des avantages pour les producteurs et distributeurs. Notamment sur la conservation et la gestion des stocks. La progression ces dernières années est convaincante.

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Mais face à des produits parfois fragiles, la difficulté d’offrir au consommateur la confiance qu’il attend empêche pour l’heure la poursuite de cette montée en puissance de l’offre on line. Parmi les autres motifs de déception, voici les principaux qui reviennent :

  • des prix plus élevés qu’en magasin ;

  • trop de pré-emballages en plastique ;

  • un manque d’informations sur la traçabilité.

Les résultats des enquêtes commandées par le CTIFL ainsi que les échanges avec les interprofessions et les agriculteurs montrent qu’il est possible d’agir sur certains leviers. On retient notamment :

  • la possibilité de généraliser certains prix au poids plutôt qu’à la pièce ;
  • la mise en place plus systématique de contenants en carton recyclage ou de filets biodégradables ;
  • l’ajout de fiches techniques plus détaillées pour informer l’acheteur sur le produit et sa provenance.

Enfin, certaines actions promotionnelles sont réalisables en ligne, de même que la promotion des offres « anti-gaspi » qui séduisent de plus en plus de consommateurs en ces temps d’inflation. Des pistes à suivre pour aller chercher les consommateurs encore réfractaires.

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