Adapter l’alimentation des vaches peut les aider à mieux résister

« 15 % des vaches doivent pouvoir boire en même temps », explique Lionel Vivenot, conseiller en élevage laitier à l'Union laitière de la Meuse.
Les fortes chaleurs attendues cette semaine en France auront un impact négatif sur les vaches, plus habituées aux températures fraîches. Adapter leur alimentation peut les aider à affronter cette canicule. Lionel Vivenot, conseiller en élevage laitier à l’Union laitière de la Meuse (ULM), propose quelques conseils.

Une plume de chaleur s’engage sur la France cette semaine, avec des températures qui pourraient atteindre plus de 40°C en fin de semaine. Des températures difficiles à supporter pour les vaches. En effet, leur zone de température de confort se situe entre -5°C et 20°C.
« Au-dessus de 22°C, et surtout si l’hygrométrie relative de l’air est élevée, la vache cherche à se rafraîchir en évaporant de l’eau de ses poumons car une vache ne transpire pas, explique Lionel Vivenot. Elle augmente donc son rythme respiratoire pour expulser la chaleur. Cette hyperventilation entraîne une perte de CO2 et une acidification du sang, qui peut aller jusqu’à une acidose respiratoire. »

En outre, plus les températures augmentent et plus la vache diminue son ingestion et sa rumination. Il est donc important de gérer le risque d’acidose, la baisse de l’ingestion et d’aider la vache à refroidir son corps.

« Il est possible d’aider la vache à mieux résister en optimisant son alimentation », indique Lionel Vivenot. Ainsi, il invite les éleveurs à mettre en place plusieurs leviers sur leur exploitation :
  • distribuer la ration deux fois par jour avec 70% le soir. En effet, la ration reste plus fraîche la nuit;
  • veiller à ce que les vaches aient accès à de l’eau propre non limitante. « 15% des vaches doivent pouvoir boire en même temps. Il faut prévoir un bac de 200 litres pour 20 vaches ou un bac de 70 litres pour 10 vaches »;
  • faire attention à la fibrosité de la ration et laisser une travée de foin fibreux à disposition des vaches pour optimiser la rumination. « Le NDF de la ration doit être supérieur à 420 et la cellulose brute supérieure à 18 % »;
  • « vérifier et augmenter la densité énergétique des rations par un apport d’amidon by pass comme le maïs grain sec ou humide ou l’ensilage de maïs épi car les fourrages produisent plus de chaleur ‘’ ruminale’’ que les concentrés »;
  • veiller à ce que la ration soit équilibrée en azote. « En effet, les protéines, riches en potassium, ont un pouvoir alcalinisant et leur catabolisme libère des ions bicarbonate. Il faudrait être supérieur à 95 g de PDIE / UFL ou un taux d’urée au tank entre 220 et 280 »;
  • surveiller la BACA ((sodium + potassium) - (chlorures + soufre)). « Il faut assurer une BACA supérieure à 250. L’herbe, la luzerne, les trèfles, la betterave, les pommes de terre et le bicarbonate de soude sont des aliments à BACA positive »;
  • passer à 6 grammes de sel par kg de MS par rapport aux 3 grammes hivernaux.
Ces leviers sont à compléter avec des mesures pour rafraîchir les vaches telles que : de l’ombre au pâturage, de la ventilation et/ou de la brumisation en bâtiment…

Le stress thermique influe sur la santé des vaches laitières, mais également sur leur productivité.